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Cycle de conférences Pasquale Paoli : « l'université de Paoli » Eugène Gherardi, le 2 mai 2007
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En 1763, une commission constituée de neuf personnalités se penche les modalités de mise en œuvre de l’université. Le « Babbu » souhaitait que l'université de Corti s'inspirât des grandes facultés européennes. C'est à ce titre qu'il se fit communiquer les statuts et réglements actualisés de l'université de Cagliari, en Sardaigne. Les travaux réalisés par les « Soggetti scelti, considerati dei più illuminati e zelanti » parvinrent à la Consulta du mois de mai 1764  suite à laquelle c'est un Edit du « Generale e Supremo Consiglio di Stato del Regno di Corsica » qui, le 25 décembre 1764, instaure une Université placée sous le patronage de saint Grégoire le Grand dont on célébrait la solennité le 12 mars. Dans de nombreux documents académiques, l’université nationale assume l’appellation d’ « Università Gregoriana ». Ce détail prend toute sa signification si l’on songe que Paoli avait sollicité du souverain pontife une bulle d’érection, laquelle aurait conduit par glissements successifs à une reconnaissance officielle du gouvernement national. Par conséquent, soucieux de ménager les parties corses et génoises, le pape ne donna aucune suite à la requête. Néanmoins, l’absence de condamnation de l’université par le Saint-Siège fut interprétée à Corti comme une première victoire, un premier pas vers la légitimation. Comme pour témoigner de l'importance de la création de l’université, les Raguagli dell'isola di Corsica, -« numero XI per il mese di novembre 1764 »-, publient in extenso le texte de l'Edit.       

 

Si de l'aveu même de ses promoteurs les débuts de l'université furent assez modestes, l'Edit prévoyait l'enseignement d'un large éventail de disciplines. En premier lieu, le plan d’études laisse apparaître un cours de théologie scolastique et dogmatique « ove i principj della Religione, e le dottrine della Cattolica Chiesa saranno spiegate con brevità, e sodezza, e il Professore sarà altresì una lezione fra la settimana di Storia Ecclesiastica ». En second lieu, l’étude de la théologie morale démontrée à la lumière des « precetti, e le regole più sicure della Cristiana Morale ». Le droit civil et canonique éveille les jeunes gens à « l'origine, e il vero spirito delle Leggi per il miglior uso delle medesime ». L’enseignement de l’éthique identifiée comme « Scienza utilissima per apprendere le regole del buon costume, e la maniera di ben guidarsi ne' differenti impieghi della Società Civile, e comprenderà altresì la cognizione del Diritto della Natura, e delle Genti » apparaît comme un trait unique. Les leçons d'éthique, absentes à l'époque de toutes les grandes universités d'Europe, constituent l’empreinte la plus significative du « Babbu » sur le contenu des programmes. La philosophie et les mathématiques sont inculquées « secondo i sistemi più plausibili de' moderni Filosofanti, e il Professore darà altresì i principj della Matematica ». Enfin, la rhétorique fait elle aussi l'objet d'un cours. Excepté la « Pratica civile e criminale », dispensée « in lingua volgare », c'est-à-dire en italien, tous les autres enseignements le sont en latin. L'université cortenaise s'adressait en priorité aux « Giovani delle Famiglie più raguardevoli, e facoltose ». Comme dans toute l'Europe, l'accès aux universités et plus généralement aux savoirs est l'apanage des fils de bonne famille, nobles et bourgeois en premier lieu. Cependant, les plus pauvres d'entre eux pouvaient se voir octroyer une bourse mensuelle et disposait d'une chambre au couvent San Francesco. Comme cela est souligné dans les Ragguagli dell’isola di Corsica de juin-août 1766, le gouvernement assure le ravitaillement des élèves : « Il Governo ha avanzata qualche partita di danaro, per avere qui in abbondanza le necessarie proviste, e specialmente per i Scolari, che a nuova stagione devono venire a questi pubblici Studj ».

 

L'inauguration eut lieu le 3 janvier 1765 en présence de toutes les autorités gouvernementales et  administratives de l’Etat, une messe solennelle dans l'église Saint-Marcel et une prédication prononcé en latin sur l'utilité des sciences par le père Francesco Antonio Mariani ponctuèrent l'inauguration et les cours débutèrent le 7 janvier.


Page mise à jour le 06/05/2009 à 10:48


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